Association photos "Poussière d'image"
Bonjour Gilles. Quelle est ta devise à propos de la photographie ?
On sait que la photographie naît de la lumière… Moi, j’aimerais pouvoir dire que « la lumière naît de la photographie » !
Comment te définis-tu : journaliste, photographe, observateur …ou artiste ?
Alors là, c’est autre chose carrément ! J’ai inventé, mais pour très peu de temps, le terme de « photographiste », puisque je mélange justement la photographie et le graphisme. Donc je ne suis
pas photographe, je ne suis plus graphiste, je suis un peu… le mélange des deux !
Parlons un peu technique : quel est le post-traitement ou le logiciel que tu utilises le plus ?
J’utilise Photoshop, depuis plus d’une vingtaine d’années, et grâce à Photoshop et à l’utilisation des calques notamment, j’ai mis en œuvre un procédé qui me permet de faire remonter les fantômes
du passé dans le présent. Je pense pour l’instant être le premier à l’avoir fait.
C’est ce procédé qui t’as permis de créer ton exposition « Passé présent » ?
Tout à fait.
Quel est ton thème de prédilection et pourquoi?
Mon thème de prédilection se rapporte à ce que je viens de te dire : c’est le « Passé présent »… ou encore la présence du passé dans le présent, qui ouvre beaucoup de portes, et que j’aimerais
bien explorer … vraiment de façon très poussée !
Pourquoi ?
Pour pérenniser le savoir des anciens, pour marquer l’importance du passage des anciens sur Terre...
Des exemples… ?
Disons que ça marche de pair avec la photographie, dans le sens où, la photographie a fait des constats depuis qu’elle existe. Nous, les plus vieux clichés que l’on a exploités à l’heure actuelle
datent de 1895, des clichés de Georges Ancely sur Toulouse, donc la photo a fait un constat. D’ailleurs, quand je travaillais dans la photo, j’avais un photographe, dont j’étais l’assistant, qui
me conseillait de faire des photos sans relâche, qu’un beau jour ces photos vaudraient quelque chose, parce que justement, elles relateraient une époque révolue…Car, la photographie permet de
faire un constat dans le temps et c’est une machine à voyager dans le temps, depuis son invention ! C’est à ce niveau-là que je situe mon travail photographique.
Si l’on se tourne vers l’avenir : quel conseil donnerais-tu à un photographe qui débute ?
De n’écouter personne, et de ne croire qu’en lui ! … De faire ce qui lui plaît et surtout de se démarquer le plus possible des courants actuels.
De suivre ses émotions et ses impressions… ?
Voilà, d’être créatif, à fond ! D’être inventif ! De ne pas reproduire ce qui existe déjà, mais d’utiliser la photographie – comme le dessin, comme la peinture- comme un art à part entière. Moi,
j’ai débuté la photo il y a plus de trente ans, puis j’ai laissé tombé dans la photo complètement, pour m’intéresser à la publicité et à la communication. Maintenant, je reviens à la photo par le
biais du numérique.
En tant que maquettiste à l’époque, j’ai eu l’occasion de travailler avec de grands peintres, et ceux sont eux qui m’ont fait comprendre ce qu’était la création à l’état pur. En
particulier, j’ai fréquenté un peintre proche de Picasso et de Miró, assez âgé – il avait environ 80 ans quand je l’ai connu - très créatif. Au début, je me demandais jusqu’où il pouvait innover,
et à chaque fois que je le revoyais pour travailler sur un nouveau catalogue, il allait encore plus loin ! Je me demandais : « Mais où va-t-il chercher tout ça ? Qu’est-ce qui l’anime ? ». Et
j’avais remarqué, que, malgré son grand âge, il avait un public très jeune : parce que ses idées étaient vraiment révolutionnaires… C’est la force de la créativité !
Et… le nom de ce peintre ?
Clavet : Anthony Clavet.
Sandrine T.

Gilles Franqueville
Le diaporama de quelques photos de Gilles : ICI
Son site Web : http://www.franqueville.net